Sur la terrasse d’un café je me suis perdue et retrouvée.

Vous ne réalisez pas à quel point vous avez blessée l’enfant que j’étais.

J’étais naïve et un peu simple d’esprit en ce qui concernait les relations humaines. Fille unique, je vivais dans mon monde un peu utopique fait de Barbie, de Disney, de livres et d’imagination. Bien que j’aie été plutôt précoce, il y avait beaucoup de choses que je ne comprenais pas dans les relations sociales et, parfois, familiales. Je donnais tout, ma confiance, mon amitié, mon amour, sans arrière-pensée, sans condition, sans réflexion. Imaginez ma réaction quand j’ai reçu la réalité en pleine face et que j’ai commencé à me prendre des tartes dans le dos et dans le visage. Gourmandise excessive, gloutonnerie de relations sociales.

En réponse à cela, j’ai commencé très tôt à écrire. Parce que c’était le seul moyen que j’avais de m’exprimer. Pourquoi parler de moi aux autres si c’était pour qu’ils fassent de la crème de mes émotions et qu’ils me la balancent après bien déguisée en tourte d’hypocrisie et d’intérêt malsain ? Je me suis renfermée sur moi-même. Je suis restée sociable, j’écoutais les gens, je retenais ce qu’ils me disaient mais jamais je ne me suis confiée. Je me confie dans mes histoires, mes petites nouvelles, mon écriture.

Et les mots sont devenus le comble de mon existence, et ils se sont moqués de moi comme jamais. Je les ai jeté sur le papier, je les étirés, j’ai joué avec les syllabes, les rimes, les figures de style, j’en ai usé et abusé mais lorsque qu’il s’agissait de relier les mots à la parole, j’étais comme désœuvrée. Mes proches en ont pâti. J’ai encore du mal à  leur dire à quel point ils comptent pour moi. J’ai été blessée tellement de fois que la peur d’être rejetée ou prise pour acquise a pris le dessus.

« Est-ce que tu es heureuse ? Tant que tu es heureuse, tout va bien. » C’était ce que disait mon père à chaque appel. Et je n’ai jamais retourné la question, je ne lui ai jamais dit que je l’aimais. Je le regrette. Et ce schéma s’est répété avec toutes les personnes qui m’ont quittée trop tôt. Tout ça parce qu’une bande d’imbéciles finis m’ont fait mal physiquement et mentalement.

On a tendance à oublier le fait que la vie est éphémère et que tout le monde mourra un jour. Se renfermer sur soi-même, se perdre soi-même, ne pas dire aux gens ce qu’on ressent, ne pas en gifler certains, on n’en a pas le temps. On peut mourir à tout moment et non, cela n’arrive pas qu’aux autres.

If I once told you that I loved you even if I was drunk, saying it in a casual conversation, or mocking you, if I was looking at your eyes it means that I thought it. I still have too much pride to say those words but I’m working on it. Et c’est pour ça que cette phrase est en anglais, c’est plus simple. Ça donne un certain style aussi.

Écrire cet article est extrêmement important pour moi. J’ai fait quelques dépressions, quelques crises d’angoisse, beaucoup d’insomnies, je me suis scarifiée de mes 9 ans à mes 12 ans – entre autres – parce que j’en avais trop sur le cœur et je ne pouvais plus parler à qui que ce soit, j’étais terrifiée à l’idée de laisser des gens entrer dans mon espace. Mais à partir d’un moment la force mentale n’y est plus, tout devient noir. Il faut savoir demander de l’aide dans ou hors de son cercle et se débarrasser des mauvaises pensées et des personnes qui font ressortir le pire de nous-mêmes. On n’est jamais seul.

Vous ne réalisez pas à quel point vous avez blessée l’enfant que j’étais mais hey, je suis encore là et je vais mieux que jamais.

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L’Alchimiste. (Food for thought).

« Pour arriver jusqu’au trésor, il faudra que tu sois attentif aux signes. Dieu a écrit dans le monde le chemin que chacun de nous doit suivre. Il n’y a qu’à lire ce qu’il a écrit pour toi. »« Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

« – Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l’alchimiste, une nuit qu’ils regardaient le ciel sans lune.
– Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.
Et qu’aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves. »

« Chaque Homme sur terre a un trésor qui l’attend, lui dit son cœur. Nous, les cœurs, en parlons rarement, car les Hommes ne veulent plus trouver ces trésors. Nous n’en parlons qu’aux petits enfants. Ensuite, nous laissons la vie se charger de conduire chacun vers son destin. Malheureusement, peu d’Hommes suivent le chemin qui leur est tracé, et qui est le chemin de la Légende Personnelle et de la félicité. La plupart voient le monde comme quelque chose de menaçant et, pour cette raison même, le monde devient en effet une chose menaçante. »

Paulo Coelho.

Lettre ouverte.

À vous Madame aux cheveux châtains et libres de tous frisottis que j’ai croisée un matin dans le métro ligne bleue, j’adresse aujourd’hui ce message. Il vous est également destiné, madame son amie rousse, coupable d’un hochement de tête (in)volontaire.

Vous êtes montée dans le métro à la station Acadie avec votre amie rousse, souriante, lancée dans une conversation passionnante au sujet du chat d’un voisin. Puis, vous m’avez vue. Pardon, vous nous avez vus, moi et mes cheveux encore humides de mon shampoing matinal. Et, debout en face de moi, la tête tournée vers votre amie, vous avez émis ce commentaire :

 

« Comment elle peut sortir avec les cheveux comme ça, ça fait sale ! Moi au moins quand mes cheveux sont mouillés ils sont lisses, attachés en chignon et ça fait beau, un peu wild et sexy ! »

 

Sacrilège ! Insinuez-vous que parce que mes cheveux ne correspondent pas aux standards de beauté du XXIème siècle ils ne sont pas beaux ? Mais, madame, qui êtes-vous pour me juger ? Qui êtes-vous pour décider de ce qui est beau ou pas ? Par votre bêtise et votre intolérance vous m’avez semblé plus laide que quiconque à ce moment précis.

Vous-même avec votre embonpoint, vos sourcils épais, les tâches de rousseur de votre amie, ses dessous de bras velus, pensez-vous correspondre aux standards de beauté imposés dans les magazines occidentaux ? Non, je ne pense pas. Ni vous ni moi n’y correspondons.

Mais oui madame, j’ai les cheveux crépus. Et, comme vous, je suis parfois en retard et j’ai besoin de les sécher. En quoi cela serait-il différent de vous ? Est-ce que vous tournez une pub à la « L’Oréal, parce que je le vaux bien à chaque fois que vous faîtes un shampoing » ?

Et puis si vous voulez le savoir, j’ai aussi de petits bourrelets, un nez légèrement empâté, des mollets et chevilles inexistants, des lèvres plus épaisses que les vôtres. Mais je n’aspire pas à ressembler à Eva Longoria. Et ça ne m’empêche pas de me faire aborder par de belles personnes.

 

Vous avez dû voir tout ce beau monologue quand vous avez croisé mon regard. Vous aviez l’air gênée et agacée.

Je vous ai regardée droit dans les yeux et je vous ai souri. Parce que je suis un peu trop bien élevée. Parce que je descendais à cette station. Et parce que je suis magnifique quand je souris quel que soit le standard de beauté qui fait votre référence.

Bien à vous,

Aissa B. D., différente, cheveux crépus bien mouillés, et fière.

Sur-vie.

Nous avons tous un rôle à jouer. Nous sommes nés, nous avons conscience de notre existence, nous avons conscience que notre temps est limité. J’estime que le but de toute vie est l’évolution, l’amélioration du système par l’entité infinitésimale que nous sommes.

Pendant plusieurs années je n’ai fait que vivre et survivre, impersonnelle, faible et basse au point de me laisser aller dans la stabilité, qui n’est que de la médiocrité déguisée.

En Centrafrique, j’ai entendu la phrase « Il est mort mais c’est pas grave, il n’était pas bon, il n’a jamais rien fait, c’est clair qu’il attendait la mort. »

Depuis, je me réinvente chaque jour. Je sur-vis.

Sur-vivre. Voilà le but de tout être. Savoir se dépasser, se réinventer, sortir de l’ordinaire, laisser une trace, même minime.

J’ai choisi de sur-vivre du mieux que je peux. Je pense être sur la bonne voie. J’espère. Et je dois mon évolution aux personnes qui m’entourent. J’estime que chaque rencontre est une expérience unique et un don inestimable. J’ai bien plus appris en rencontrant des personnes de différents horizons qu’en lisant des romans dans mon salon. Je ne vous remercierai jamais assez.

Et si il arrive que l’on ne puisse pas atteindre ses objectifs de la manière dont on a rêvé, cela ne signifie pas qu’il faut tout abandonner. Il suffit simplement de changer de route. La persévérance est mère de toute chose.

C’est facile à dire, je sais, j’ai souri en écrivant.

Ceux qui connaissent mon ego surdimensionné seront étonnés par cette phrase mais: sachez demander de l’aide. Ça ne coûte rien. Et attention, le fossé est grand entre un conseiller ou un mentor et un marionnettiste. Ne laissez jamais qui que ce soit prendre des décisions à votre place. On n’a qu’une seule vie, autant vivre la sienne :

« Tu es le maître de ton destin, et le capitaine de ton âme ! »

En bref, vivez et sur-vivez, voyez plus grand, plus haut, plus loin, oubliez le statu quo, innovez… Et ce ne sont que mes mots. Quels seront les vôtres ?

 

 

Citoyenne du monde.

 » Tu es haïtienne ou africaine ? Ah c’est beau le Sénégal ! Comment ça se fait que tu parles aussi bien français ? Ah bon, tu es française ? Tu as vécu combien de temps en France ? Ah, tu n’as jamais vécu en France… Comment ça se fait que tu sois française alors ? « 

Sourire de circonstance. Si vous avez déjà été dans cette situation, vous comprendrez ma peine. Si non, imaginez.

En pleine mondialisation et bien après les décolonisations, je m’étonne vraiment du fait que beaucoup de personnes pensent encore qu’un Noir qui parle sans accent prononcé est un immigrant et un déraciné, qu’un Asiatique est obligatoirement un Chinois, qu’un Français doit être Blanc, sinon c’est un étranger nationalisé etc.

Messieurs-dames, sachez qu’en France comme ailleurs il y a le droit du sol ET le droit du sang ! Malgré ma couleur marron (« noir » me semble un peu fort, je ne pense pas ressembler à Coco de Tintin au Congo), celle de mes parents et de mes arrière-grands-parents je suis française de nationalité et sénégalaise d’origine. Deux notions complètement différentes.

Étrangement, c’est à Montréal, ville cosmopolite, que cette conversation est le plus souvent revenue. Les premières fois, je répondais patiemment et gentiment (au risque d’avoir à expliquer mon arbre généalogique), en mettant cela sur le compte de l’ignorance. Mais cela soulevait plus d’interrogations que de compréhension. Apparemment, il faut absolument choisir : « mais toi, tu te considères comme étant sénégalaise ou française ? ». Rire silencieux de circonstance, je sens ma main qui me démange. Pourquoi ce besoin impérieux de choisir ? Le nationalisme n’est pas mort, il a juste changé de forme.

Bref ! Désormais, je suis donc une « citoyenne du monde ». À l’aise partout mais réellement acceptée nulle part. Après tout, au Sénégal, je suis une « vacancière », en Centrafrique comme au Canada je suis une « étrangère » et en France, je manque de « souche ». Et cette réponse est apparemment beaucoup plus satisfaisante pour les Montréalais ! « Asti que t’es drôle ! Ça existe pas un citoyen du monde ! Hahaha. Ça me fait penser au sketch de Untel sur… » J’ai souvent donné cette réponse et ça s’est presque toujours conclu sur une discussion sur l’humour !

Conclusion: si vous êtes fatigués de lutter contre les idées reçues, faites de l’humour ! Parlez-en dans un blog et partagez-le aux personnes fermées d’esprit qui vous entourent !

 

Désir.

J’aimerais me réinventer,  rire, pleurer, m’énerver sans retenue. J’aimerais me retrouver.

J’ai besoin de faire quelque chose, d’entreprendre quelque chose et quelque chose de différent. Quelque chose dont je serais fière, qui me fera avancer, qui changera les choses, qui me passionnera… et qui marquera les esprits. Je suis une passionnée.

Je veux sentir à nouveau ces papillons dans le ventre à quelques minutes de l’accomplissement d’un projet, cette boule au ventre qui te vide de toute ton énergie au moment où tu as besoin de réunir toutes tes forces.

Je suis à la recherche de mon autre « moi », cette Atlantide disparue au fond de moi qu’il me faudra des années à retrouver.

Réflexion.

« Admit it. You aren’t like them. You’re not even close. You may occasionally dress yourself up as one of them, watch the same mindless television shows as they do, maybe even eat the same fast food sometimes. But it seems that the more you try to fit in, the more you feel like an outsider, watching the “normal people” as they go about their automatic existences. For every time you say club passwords like “Have a nice day” and “Weather’s awful today, eh?”, you yearn inside to say forbidden things like “Tell me something that makes you cry” or “What do you think deja vu is for?”. Face it, you even want to talk to that girl in the elevator. But what if that girl in the elevator (and the balding man who walks past your cubicle at work) are thinking the same thing? Who knows what you might learn from taking a chance on conversation with a stranger? Everyone carries a piece of the puzzle. Nobody comes into your life by mere coincidence. Trust your instincts. Do the unexpected. Find the others. »

Timothy Leary

Ce blog, ce café est ma thérapie. Un collage de ma vie passée, présente et future. Attablée à la terrasse d’un café je me raconte et je m’apprends. Asseyez-vous un moment et laissez-moi vous emporter.

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