Archives pour la catégorie Viennoiseries

Romance de jeunesse.

« – Je… Je t’appelle parce que j’ai envie de revoir ton visage. C’est tout. C’est comme les gens qui retournent dans le village où ils ont passé leur enfance ou dans la maison de leurs parents… ou vers n’importe quel endroit qui a marqué leur vie.
– C’est comme un pèlerinage quoi.
Je me rendais compte que je n’avais plus la même voix.
– Oui exactement. C’est comme un pèlerinage. A croire que ton visage est un endroit qui a marqué ma vie. » Anna Gavalda.

 

Plus jeune, je vivais à travers mes livres. Non, je vivais dans mes livres. Puis j’en ai eu assez. J’ai fermé mon bouquin, j’ai levé la tête et j’ai arrêté de voir le monde à travers des œillères. J ai commencé à vivre, à faire des rencontres, à découvrir le monde. Toute une page s’est tournée. Depuis cette rencontre. J’ai vécu l’amour à la George Sand, tous ces livres romantiques se sont matérialisés sous mes yeux le temps d’une soirée.

Et il était beau, je ne vous mentirai pas. Parfum subtil mais viril, mains de fer, sourire éclatant, brillant par l’esprit, charismatique, drôle… Mon futur époux.

Lorsqu’il s’est présenté j’étais partagée entre  « embrasse-moi » et « la combinaison de ce pull Tommy Hilfiger bleu marine qui met en valeur tes magnifiques yeux gris et de ta plastique de rêve me met en émoi. Tu es comme un McFlurry après une longue journée embrasée, je n’attendais que toi pour me sentir enfin revivre. » Heureusement, je n’ai rien pu dire à part mon prénom mais je l’ai pensé très fort, moi, pauvre adolescente victime d’un coup de foudre dévastateur.

Et je me suis ridiculisée toute la soirée en essayant de jouer la jeune fille indifférente-serviable-souriante-intelligente-parfaite… Allez, on rentre le ventre ! On gonfle la poitrine ! On force le tout pour avoir une cambrure à la Beyoncé; le tout avec une pointe d’humilité et une culture digne d’une encyclopédie Larousse vulgarisée. R-I-D-I-C-U-L-E. Plus ridicule qu’on ne le pense lorsqu’on apprend que les cinq filles de la soirées jouaient à ce même jeu de rôle.

« We don’t pick who we fall in love with and it never happens like it should« , m’a-t-on dit par la suite. C’était ça. Tout ce blabla émotionnel qui t’évite de te sentir trop pathétique sur le moment.

J’ironise. Mais il était charmant et il en valait la peine à ce moment-là. Il le savait. Il en a profité. Les gens beaux attirent sympathie et confiance, il est impossible pour la conscience populaire qu’ils soient mauvais. Et pourtant…

Trahison. Trahison parfaite. Trahison amoureuse digne d’une tragédie grecque ! Tu nous as toutes embobinées, toutes embrassées. La même soirée. Nous étions des bobines de fil, tu étais un chat sournois au pelage gris.

Pourquoi m’as-tu fait ça ? Nous aurions pu vivre heureux, profiter de ces belles années d’université à deux, et de belles balades romantiques au Vieux-Port de Montréal. Nous serions allés en vacances à Cancun où tu m’aurais demandée en mariage devant un magnifique soleil couchant. Nous nous serions mariés au Canada, nos deux familles réunies à jamais, nous aurions eu des jumelles et un garçon… aux yeux gris. Pourquoi nous as-tu fait ça ? Pourquoi as-tu préféré renoncer à la passion plutôt que d’y succomber ?

Et ton visage a marqué ma vie.  Tu m’as donné l’envie de découvrir le monde par moi-même, d’oublier un instant les histoires d’amour romanesques. Tu m’as donné l’envie de vivre par moi-même et pour moi-même. Au diable la passion de l’Autre ! Je ne suis qu’Amour de moi ! Aimez-moi, je ne m’en aimerai que mieux !

Je t’ai longtemps haï mais finalement, je te remercie d’avoir traversé ma vie, juste le temps d’un baiser.

Et quand je me relis, je me dis que j’ai quand même de la chance: j’ai connu l’amour à travers le regard et les lèvres d’un bellâtre aux reflets gris… Dramatiquement romantique et intensément psychotique… Tout ce que j’aime.

 

Je ne t’oublierai jamais… Même si, désormais, je viserai les hommes avec le charisme d’un bâton de céleri. C’est bien plus prudent.

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L’Alchimiste. (Food for thought).

« Pour arriver jusqu’au trésor, il faudra que tu sois attentif aux signes. Dieu a écrit dans le monde le chemin que chacun de nous doit suivre. Il n’y a qu’à lire ce qu’il a écrit pour toi. »« Quand on veut une chose, tout l’univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

« – Mon cœur craint de souffrir, dit le jeune homme à l’alchimiste, une nuit qu’ils regardaient le ciel sans lune.
– Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même.
Et qu’aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves. »

« Chaque Homme sur terre a un trésor qui l’attend, lui dit son cœur. Nous, les cœurs, en parlons rarement, car les Hommes ne veulent plus trouver ces trésors. Nous n’en parlons qu’aux petits enfants. Ensuite, nous laissons la vie se charger de conduire chacun vers son destin. Malheureusement, peu d’Hommes suivent le chemin qui leur est tracé, et qui est le chemin de la Légende Personnelle et de la félicité. La plupart voient le monde comme quelque chose de menaçant et, pour cette raison même, le monde devient en effet une chose menaçante. »

Paulo Coelho.

Sur-vie.

Nous avons tous un rôle à jouer. Nous sommes nés, nous avons conscience de notre existence, nous avons conscience que notre temps est limité. J’estime que le but de toute vie est l’évolution, l’amélioration du système par l’entité infinitésimale que nous sommes.

Pendant plusieurs années je n’ai fait que vivre et survivre, impersonnelle, faible et basse au point de me laisser aller dans la stabilité, qui n’est que de la médiocrité déguisée.

En Centrafrique, j’ai entendu la phrase « Il est mort mais c’est pas grave, il n’était pas bon, il n’a jamais rien fait, c’est clair qu’il attendait la mort. »

Depuis, je me réinvente chaque jour. Je sur-vis.

Sur-vivre. Voilà le but de tout être. Savoir se dépasser, se réinventer, sortir de l’ordinaire, laisser une trace, même minime.

J’ai choisi de sur-vivre du mieux que je peux. Je pense être sur la bonne voie. J’espère. Et je dois mon évolution aux personnes qui m’entourent. J’estime que chaque rencontre est une expérience unique et un don inestimable. J’ai bien plus appris en rencontrant des personnes de différents horizons qu’en lisant des romans dans mon salon. Je ne vous remercierai jamais assez.

Et si il arrive que l’on ne puisse pas atteindre ses objectifs de la manière dont on a rêvé, cela ne signifie pas qu’il faut tout abandonner. Il suffit simplement de changer de route. La persévérance est mère de toute chose.

C’est facile à dire, je sais, j’ai souri en écrivant.

Ceux qui connaissent mon ego surdimensionné seront étonnés par cette phrase mais: sachez demander de l’aide. Ça ne coûte rien. Et attention, le fossé est grand entre un conseiller ou un mentor et un marionnettiste. Ne laissez jamais qui que ce soit prendre des décisions à votre place. On n’a qu’une seule vie, autant vivre la sienne :

« Tu es le maître de ton destin, et le capitaine de ton âme ! »

En bref, vivez et sur-vivez, voyez plus grand, plus haut, plus loin, oubliez le statu quo, innovez… Et ce ne sont que mes mots. Quels seront les vôtres ?

 

 

Citoyenne du monde.

 » Tu es haïtienne ou africaine ? Ah c’est beau le Sénégal ! Comment ça se fait que tu parles aussi bien français ? Ah bon, tu es française ? Tu as vécu combien de temps en France ? Ah, tu n’as jamais vécu en France… Comment ça se fait que tu sois française alors ? « 

Sourire de circonstance. Si vous avez déjà été dans cette situation, vous comprendrez ma peine. Si non, imaginez.

En pleine mondialisation et bien après les décolonisations, je m’étonne vraiment du fait que beaucoup de personnes pensent encore qu’un Noir qui parle sans accent prononcé est un immigrant et un déraciné, qu’un Asiatique est obligatoirement un Chinois, qu’un Français doit être Blanc, sinon c’est un étranger nationalisé etc.

Messieurs-dames, sachez qu’en France comme ailleurs il y a le droit du sol ET le droit du sang ! Malgré ma couleur marron (« noir » me semble un peu fort, je ne pense pas ressembler à Coco de Tintin au Congo), celle de mes parents et de mes arrière-grands-parents je suis française de nationalité et sénégalaise d’origine. Deux notions complètement différentes.

Étrangement, c’est à Montréal, ville cosmopolite, que cette conversation est le plus souvent revenue. Les premières fois, je répondais patiemment et gentiment (au risque d’avoir à expliquer mon arbre généalogique), en mettant cela sur le compte de l’ignorance. Mais cela soulevait plus d’interrogations que de compréhension. Apparemment, il faut absolument choisir : « mais toi, tu te considères comme étant sénégalaise ou française ? ». Rire silencieux de circonstance, je sens ma main qui me démange. Pourquoi ce besoin impérieux de choisir ? Le nationalisme n’est pas mort, il a juste changé de forme.

Bref ! Désormais, je suis donc une « citoyenne du monde ». À l’aise partout mais réellement acceptée nulle part. Après tout, au Sénégal, je suis une « vacancière », en Centrafrique comme au Canada je suis une « étrangère » et en France, je manque de « souche ». Et cette réponse est apparemment beaucoup plus satisfaisante pour les Montréalais ! « Asti que t’es drôle ! Ça existe pas un citoyen du monde ! Hahaha. Ça me fait penser au sketch de Untel sur… » J’ai souvent donné cette réponse et ça s’est presque toujours conclu sur une discussion sur l’humour !

Conclusion: si vous êtes fatigués de lutter contre les idées reçues, faites de l’humour ! Parlez-en dans un blog et partagez-le aux personnes fermées d’esprit qui vous entourent !

 

Désir.

J’aimerais me réinventer,  rire, pleurer, m’énerver sans retenue. J’aimerais me retrouver.

J’ai besoin de faire quelque chose, d’entreprendre quelque chose et quelque chose de différent. Quelque chose dont je serais fière, qui me fera avancer, qui changera les choses, qui me passionnera… et qui marquera les esprits. Je suis une passionnée.

Je veux sentir à nouveau ces papillons dans le ventre à quelques minutes de l’accomplissement d’un projet, cette boule au ventre qui te vide de toute ton énergie au moment où tu as besoin de réunir toutes tes forces.

Je suis à la recherche de mon autre « moi », cette Atlantide disparue au fond de moi qu’il me faudra des années à retrouver.

Réflexion.

« Admit it. You aren’t like them. You’re not even close. You may occasionally dress yourself up as one of them, watch the same mindless television shows as they do, maybe even eat the same fast food sometimes. But it seems that the more you try to fit in, the more you feel like an outsider, watching the “normal people” as they go about their automatic existences. For every time you say club passwords like “Have a nice day” and “Weather’s awful today, eh?”, you yearn inside to say forbidden things like “Tell me something that makes you cry” or “What do you think deja vu is for?”. Face it, you even want to talk to that girl in the elevator. But what if that girl in the elevator (and the balding man who walks past your cubicle at work) are thinking the same thing? Who knows what you might learn from taking a chance on conversation with a stranger? Everyone carries a piece of the puzzle. Nobody comes into your life by mere coincidence. Trust your instincts. Do the unexpected. Find the others. »

Timothy Leary